mardi 7 novembre 2017

Avis de Ramettes : Mangez-le si vous voulez


Jean Teulé
2009, 131 p.
4e couv :
Nul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capables du pire ! Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. C’est un jeune homme plaisant, aimable et intelligent. Il compte acheter une génisse pour une voisine indigente et trouver un couvreur pour réparer le toit de la grange d’un voisin sans ressources. Il veut également profiter de l’occasion pour promouvoir son projet d’assainissement des marais de la région.
Il arrive à quatorze heures à l’entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l’Allemagne et sous la menace d une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d une phrase mal comprise et d une accusation d espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s efforceront d arracher la malheureuse victime des mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver.
Incapable de condamner six cents personnes d un coup, la justice ne poursuivra qu une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n auront qu une seule réponse : « Je ne sais pas ce qui m a pris. »

Mon avis :
Quelle horrible histoire ! et c’est en-dessous de ce que je veux dire.
Jean Teulé nous tient en haleine. On se dit que l’horreur va prendre fin. Mais non, Alain Monéys survie à toutes les tortures. Le temps passe et la violence monte en intensité. J’ai dû faire une pause au bord de la nausée.
On dirait un chemin de croix. Tel le Christ qu’il aperçoit  par la porte de l’église ouverte. Il fait son chemin du calvaire à travers la ville en pente, avec ses étapes.
Nous avons  Anna amoureuse d’Alain qui se donne au jeune Thibassou dans l’espoir de le détourner de son envie de tuer. Tel une Marie-Madeleine soutenant Jésus.
Le vin coule à flot comme le sang du Christ et d’Alain : « ceci est mon sang, buvez en tous ».
Ses amis comme les apôtres, essaient de le protéger. On a presque la phrase « Pardonnez les ils ne savent pas ce qu’ils font », Alain incrédule ne comprend pas que tel était son destin en se levant ce matin. Il venait faire le bien dans un village qu’il aimait beaucoup.
On fait encore le parallèle entre Jésus et Alain.
« Le crucifié du Golgotha -collègue d’Alain- pend au mur » p.76
Ne voilà t’y pas qu’il se relève alors qu’on le croit mort ? !!!
« Treize sous » p.94, On a les « rameaux »
Pour finir on a même la phrase du rituel catholique : « ceci est mon corps mangez-en tous » qui vient à l’esprit.
En conclusion personne ne saura expliquer ce qui  a changé ses hommes et femmes en monstres assoiffés de sang.
Ironie du sort ils ont crié «Vive l’Empereur !» mais au moment du procès il faut dire « Vive la République ! ».
Et dire que c’est inspiré d’une histoire vraie et que nul n’est à l’abri que cela n’arrive encore.
Une lecture qui marque !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire