vendredi 13 octobre 2017

Avis de Ramettes : Fleur de tonnerre




Jean Teulé
Julliard, 2013, 286 p.
4e de couv. :
Hélène Jégado a tué des dizaines de ses contemporains sans aucune raison apparente.
Quels secrets renfermait cette tête qui, le 26 février 1852, sur le Champ de mars de Rennes, roula dans la corbeille de la guillotine ?

Mon avis :

J’ai lu ce roman dans le cadre d’une lecture commune sur Parlons Livres. Vous trouverez d’autres avis.

« Fleur de tonnerre » quel joli titre ainsi que l’illustration de la couverture. Cependant le sujet est assez particulier : Une sérial killeuse d’un autre temps… qui a existé !

On suit d’une part le trajet d’une fillette devenue femme avec différentes facettes, noblesse déchue, domestique corvéable à souhait ou recherchée, fille de joie… mais à chaque fois de son plein gré, elle a pris sa destinée en main.

D’autre part on découvre la Bretagne à qui ont impose le français. Un lieu ou persistent les légendes et qui façonnent les êtres. Hélène désignée comme « fleur de tonnerre » qui pousse aux pieds des menhirs qui devient l’Ankou, la faucheuse. Elle tue sans état d’âme à part de rares fois où elle prend plaisir, elle considère que c’est « comme ça », c’est sa « mission », la tâche qui lui est dévolue. Du coup elle se pose en innocente.

On suit aussi les changements politiques en 1803 et 1851… De Napoléon 1er, à  Napoléon III, empire et république… coup d’état… qui aura tué le plus ???!!!

On découvre les innovations pour ouvrir la basse Bretagne comme un pont.

On a un fil rouge le « wik, wik » le bruit des essieux de la charrette des perruquiers normands qui sont venus acheter des chevelures. On les voit dégringoler physiquement suite aux vicissitudes de leur pérégrination sur les terres bretonnes. Oui les bretons hommes et femmes ont les cheveux longs mais il est hors de question de leur enlever un seul poil. D’un beau charriot à une charrette à bras, jusqu’à porter sur eux… Du français ils vont aller jusqu’à parler breton.

La religion catholique a du mal aussi à s’imposer, elle a dû intégrer par le biais d’un syncrétisme et voir par exemple ses saints et ses saintes jouer de drôles de rôles. On suit le parcours d’Hélène aussi à travers les fêtes religieuses  (exemple : « mardi gras » « mercredi des cendres »).

Il y a des scènes assez cocasses qui font sourire. Il y a beaucoup de l’humour noir.

Ce roman ne serait pas un « Jean Teulé » sans la touche sexuelle, assez crue, que ce soit verbalement où dans les descriptions. La prose de Jean Teulé est toujours aussi agréable à lire.
Jean Teulé explore encore la folie des hommes emportés par des croyances.

J’ai beaucoup aimé les petites cartes en début de chapitre qui montrent le parcours d’Hélène.

Quand à la touche poétique, on  a un petit papillon qui volète de ci de là, tout au long de l’histoire. Bon d’accord on fini par le voir de près c’est « un papillon sphinx à tête de squelette ».

Les ombres, les esprits et les rêves ponctuent la vie d’Hélène. La mort rode, ses empoisonnements laissent planer le doute à cause du choléra et autres maladies contagieuses. Les guerres, les accidents et les naufrages provoqués…

Le petit hic qui m’a un peu perturbé c’est cette absence de raison de tuer, même les gens qui sont gentils avec elle, succombent aux douceurs de l’arsenic.

C’est un roman que j’ai lu en cherchant le «pourquoi du comment »…  Elle a su traverser le demi-siècle sans être trop inquiétée.  C’est fou de penser qu’elle a existée.

Je vous souhaite une bonne lecture.




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