lundi 20 février 2017

l'avis de Ramettes : James et la grosse pêche



Les hasards de l'actualité : ce soir sur Gulli passe le film d'animation inspiré de ce roman : "James et la pêche géante"



James et la grosse pêche

Roald Dahl, 
Gallimard, (VO 1961), 2016, 192 p., 6,80€
trad. Maxime Orange
4e de couv. :
«La pêche se mit à grossir et grossir. Et grossir et grossir et encore GROSSIR.»

James Henry Trotter vit avec deux affreuses sorcières. Tante Éponge est énorme, et son visage semble avoir bouilli. Tante Piquette est osseuse et pointue.

James se sent seul jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose d'inhabituel. Au bout du jardin, une pêche se met à grossir et grossir et GROSSIR. À l'intérieur vivent sept insectes très spéciaux qui n'attendent que James pour une aventure magique!
Mais où iront-ils dans leur grosse pêche, et que va-t-il se passer si les horribles tantes se mettent en travers de leur route? Il n'y a qu'une seule façon de la savoir.


Ma chronique :
Les romans « jeunesse » de Roald Dahl peuvent être lus à tous les âges. Certains ont été porté à l’écran et ont eu un certain succès : « Matilda » « Sacrées sorcières » « Charlie et la chocolaterie » (au moins 2 versions), « James et la pêche géante », et le dernier en date « Le Bon Gros Géant » (BGG), j’en oublie peut-être… je vous conseille de lire l’article sur Wikipédia pour vous rendre compte de l’étendue de son œuvre.
Mon propos ici, c’est de vous parler de ma dernière lecture de « James et la grosse pêche » (3 e lecture !). Roald Dahl plonge immédiatement le lecteur dans son univers si singulier. Un mélange de contes  traditionnels et de fantaisie onirique.
Ces histoires débutent souvent chez lui par un regard porté sur l’enfant. Un coup de projecteur sur un enfant seul, sans ses parents ou vite séparé d’eux. En voici quelques exemples :
Dans « Charlie et la Chocolaterie » il est vite livré à lui-même dans la chocolaterie.
Dans « Matilda » elle doit affronter sa famille.
Dans « Sacrées sorcières »  le gamin est chez sa grand-mère quand survient le drame.
Dans « le Bon Gros Géant » Sophie est orpheline.
Dans « James et la grosse pêche » James orphelin vit avec ses deux tantes, deux vraies tortionnaires.
Cela commence donc par un enfant en position de faiblesse à la merci des adultes. Puis comme dans les contes apparaît un être magique, ici un vieil homme qui lui offre un sachet contenant quelque chose de magique.  J’avoue que ce personnage m’a mise mal à l’aise. On dit aux enfants de ne pas parler aux inconnus et encore moins manger ce qu’ils proposent.  Alors on est partagé entre « non James n’en mange pas » et « vas-y mange, c’est magique ! ». C’est le côté « Alice au pays des merveilles » et toute la symbolique sexuelle que l’adulte perçoit.
Bien sûr rien ne se passe comme prévu. Une chute, un acte manqué et c’est une toute autre histoire qui s’écrit. Un mal pour un bien.
James va rencontrer ses êtres étranges et extraordinaires. On retrouve toutes les thématiques autour de l’amitié comme la solidarité et l’entre-aide. James va devenir le catalyseur, le fédérateur et l’arbitre. Il va être le médiateur pour harmoniser le groupe. Tous ces insectes ont été modifiés par ce que contenait le sachet et leur destin va changer. Ils vont apprendre à utiliser les qualités de chacun pour essayer de survivre.
Le côté onirique va permettre à James de réaliser un voyage extraordinaire. Encore une thématique chère à Roald Dahl. On va les suivre sur terre, la pêche roule et dévale la colline, tout est chamboulé. Elle roule jusqu’au fond de la mer puis remonte à la surface et flotte, un nouvel équilibre apparaît. Puis, ils vont s’envoler grâce à un système ingénieux et traverser une mer de nuage, avec des arcs-en ciels et des explosions, ils se rapprochent aussi du soleil, le feu. Après le passage par les quatre éléments ils vont retrouver la terre ferme.
Le cycle est bouclé et on arrive à la conclusion. On atteint un autre rivage, une nouvelle vie est possible dans le nouveau monde. Ajoutez à cela l’image de la pêche et de la Grosse pomme (New-York) et on a une certaine image des États Unis où tout est  possible. Mon édition est celle de 1988 avec une représentation de Manhattan où l’on voit les Twin Towers, c’est assez troublant de les revoir aujourd’hui.
Roald Doald joue avec l’équilibre et le déséquilibre. . On retrouve le noyau comme une matrice pour la renaissance d’un nouvel être. Les sensations changent, les sons aussi. Intervient alors la musique et le chant : la berceuse, la comptine, le blues… 
On ne peut s’empêcher de penser  à Ulysse, surtout s’y on y ajoute aux chants, la perte de la patrie,  le voyage en mer, les épreuves du héros… le voyage initiatique ! James ne sera plus le même après ce voyage, il a grandit, il est sortie de l’enfance, il a trouvé une nouvelle famille, un avenir s’ouvre à lui, il n’est plus une victime.
Dans se roman on a aussi un jeu avec les contrastes mince/ gros,  petit/ grand … cela donne un effet un peu grotesque.
L’adaptation à l’écran est légèrement différente mais  aussi agréable à voir, mais le texte permet de faire des pauses entre les épisodes. Les chapitres courts sont pratiques pour les lecteurs pas très aguerris. 
Juste un petit mot pour les illustrations de Quentin Blake que je ne peux dissocier des romans de Roald Dahl !
J’espère vous avoir donné envie de vous plonger dans l’œuvre jeunesse de Roald Dahl tendre et drôle… il faudrait que je m’occupe de la partie littérature adulte !

Et vous avez-vous déjà lu un roman de Roald Dahl ?
Racontez-nous vos expériences !
Regarderez-vous le film d'animation ce soir ?
Vos réactions nous intéressent !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire